[Nip-Hop] Retour sur Juste Debout JAPAN 2013

Pourquoi remettre au lendemain ce qu’on peut faire 3 mois après?

  1. Parce que la procrastination est un art de vivre (rien que le mot en lui-même… on dirait un rite religieux)
  2. Parce qu’il arrive toujours un moment où l’individu gère ses priorités dans l’ordre inverse de leurs importances (ok, bon le programme du jour: les factures, les courses, le ménage, écrire dans le blog… par quoi je commence…? :-/)

Donc voilà, en janvier dernier j’étais au Japon, principalement pour assister aux sélections du Juste Debout. Le JD Japan à mes yeux, c’est un peu comme la Mecque pour un musulman ou la grande barrière de corail pour les plongeurs.

Les présélections japonaises du Juste Debout Tour 2013 avaient lieu le 4/01, au Club CITTA à Kawasaki, en banlieue tokyoïte.

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Pour moi, la danse hip hop au Japon, c’est une intrigue. Contrairement à l’Europe de L’ouest (France, Allemagne, Angleterre…) et L’Amérique du nord, où la population est très achalandée, le Japon reste un pays où la majorité des individus sont japonais (au hasard: 80% de japonais, 15% d’asiatiques – Chinois, Coréens, Taïwanais… – et 5% autre).

Pourquoi cette remarque? Si on prend l’exemple d’un français: il a avec lui un patrimoine culturel de manière directe – les parents – ou indirecte – les voisins, les amis…- (que ce soit d’Afrique ou des Antilles, Maghreb…) qui influence la façon dont il va danser, la façon dont il va bouger, l’aisance qu’il aura a exécuter certains pas ou le style qu’il va apporter à certains mouvements. Le danseur japonais, lui, n’a à priori pas naturellement ce bagage culturel et pourtant, sa façon de danser donne le même effet; la présence, le flow, tout y est. Comme quoi, la danse, elle n’a pas de couleur de peau ni de nationalité ni de barrière.

Et ce qui est surprenant, c’est que c’est valable pour les danseurs en bas âges! Des petits qui savent danser, ça n’existe pas qu’au Japon, mais de les voir aussi nombreux dans une compétition internationale, ça fait rêver…

Au début, je voulais faire un suivi en temps réel de l’événement, style envoyée méga spéciale avec des récits et des vidéos… Seulement, ce genre de choses n’est possible que si tu possèdes une connexion internet sur place ainsi qu’un transfert caméscope>ordinateur qui roule.

Or, je n’avais ni l’un ni l’autre! Résultats: envolée motivation, bonjour procrastination… Mais bon, vu que l’événement était riche en émotions, j’ai fini par traîner mes petites fesses 2 jours après au cyber-café le plus proche pour pondre un petit texte récapitulatif sur le forum du JD.

Attention, gros pavé!!

Aaah, le JD Japan… Après 12 heures de show, je suis sortie de là avec le dos fracassé, les fesses douloureuses (je vous jure que je ne peux plus m’asseoir), plus aucune sensation dans la cuisse gauche et une démarche à la Action Man. Mais ça valait tellement le coup!!
En tout cas, voici mes impressions à chaud, dans l’ordre des catégories.

HOUSE:
La house, c’était pas le style que j’affectionnais le plus mais cette tendance est en train de s’inverser depuis deux/trois ans… Dans un passé pas si lointain (allez… il y a 10 ans peut-être), cette danse n’était, pour moi, jamais qu’un groupe de gens qui gesticulaient et sautillaient partout sans but précis sur une espèce de musique techno totalement inaudible!
Mais plus j’en vois, plus je trouve cette danse belle et très agréable à regarder; c’est un style où chaque danseur apporte une touche puisée ailleurs, que ce soit dans les danses latines, caribéennes, africaines, indiennes ou encore les styles rétro, à la Fred Astair par exemple.
Cette danse a ses codes et ses bases mais avec une liberté suffisante qui fait que d’un danseur à l’autre, la couleur n’est pas la même. C’est ce pot-pourri que j’aime et je suis bien ravie que mes idées préjugés tombent au fur et à mesure des gens que je rencontre, des choses que je vois et que j’apprends…

Assez de poésie, revenons-en au JD Japon: une sélection de 45 groupes mais comme je le disais plus haut, un vrai régale pour les yeux. Je n’ai pas assez de recul et d’expérience pour évaluer le niveau actuel des Japonais dans ce style mais je pense que ce sont des compétiteurs redoutables (ou alors, en voie de le devenir)…

Ceux qui m’ont le plus frappés, c’est un groupe de deux jeunes garçons, 8 ans à tout casser: lors du passage de sélection, ils ont commencé gentiment, tout doux, tout sucré et au moment où tu t’y attends le moins… BOW!! une vraie démonstration de puissance et de technique! Pour ensuite redescendre dans la smoothitude…
Donc voilà, mon coup de coeur dans cette catégorie, ce sont ces deux p’tits gars, avec un flow à point et une technique précise, qui savent varier entre les passages de forces et les passages plus funky… Ils n’ont pas été au delà du best 8 mais je leur tire mon chapeau invisible quand même.

HIP HOP:
Ce que j’aime dans la house et le hip hop, c’est que la liberté des danseurs ne semblent pas avoir de limite. Ce que je dis n’est pas une vérité absolue, c’est juste un constat.
J’imaginais que les Japonais étaient plus tournés vers le funkstyle (popping et locking) mais avec une sélection de 70 groupes (1,5 à 2 fois plus que dans les autres catégories), je ne pouvais que ravaler ma salive. Je ne vais pas m’attarder en analyse et en conclusions improbables (parce que je ne m’y connais pas assez), je file de suite au coup de coeur!

Et c’est le duo RUSH BALL qui m’en a mis plein les yeux!!! Il est vrai que Maika et sa partenaire Kyoka, tout comme les très jeunes danseurs en général, bénéficient d’un facteur de sympathie auprès du public ; après tout, ce sont «les petites japonaises» qui ont mis le feu à Bercy il y a 4 ans (il me semble qu’à l’époque, Kyoka n’était pas la partenaire de Maika, bref…).
Mais honnêtement, en mettant la sympathie de côté, elles savent danser point barre!! Quand je les regardais, j’avais l’impression de voir deux nanas qui avaient grandit quelque part dans le Bronx et qui avaient baigné dans le hip hop depuis le ventre de leurs mères! Ca dégoulinait de flow, je n’en revenais pas >.< : elles ne dansaient pas, elles jouaient avec le son. Ce n’était pas la musique qui mettait en valeur leur danse mais elles qui mettaient en valeur la musique: ce que je veux dire, c’est que sur un son qui n’était pas plus kiffant que ça, tu te retrouvais à «break your neck» à chacun de leur passage. J’aime quand la danse est communicative comme ça, quand les danseurs provoquent des émotions… Malheureusement, elles sont sorties à l’étape du best 4 =’(

LOCKING:
Une sélection de 45 groupes env., une bonne énergie, le smile constant, des pointés pointus, les lockers japonais sont simplement efficaces!
En plus d’avoir une vibe qui fracasse tout et une technique d’une précision spectaculaire, j’ai vraiment apprécié le fait qu’ils étaient presque tous dans l’état d’esprit funky/locking/70‘s avec la sape, les accessoires, les paillettes et tout: le pantalon oversized taille haute avec bretelles, c’était la fringue de base. On dit que l’habit ne fait pas le moine c’est vrai, mais hey, ça relève le show!!

POPPING:
C’est le style que j’affectionne particulièrement, c’est mon style de prédilection donc j’attendais cette catégorie avec impatience. Eh bien honnêtement, ça m’a pas emballée plus que ça. Ai-je placé mes attentes trop haut? J’en sais rien… Toujours est-il que (et c’est à ce moment que je me fais des ennemis à travers la galaxie entière) j’ai trouvé ça bof.

Je m’explique: le niveau est élevé, il n’y pas de doute. Les pop sont puissants, les gestes sont carrés, assurément. Mais alors au niveau du style, hummm, il n’y a plus personne. Pour être précise, c’est pas qu’ils n’ont pas de style, c’est qu’ils ont tous le même: sur une sélection de 50 binômes, il y environ 45 clones et 5 qui sortaient du lot.

Sur ce point, je ne peux pas m’empêcher de faire la comparaison avec la France: je pense que les danseurs japonais apprennent les bases jusqu’à plus soif puis une fois une bonne maitrise, ils commencent à voler de leurs propres ailes. En France, on apprend vite fait les bases puis on part directement à la recherche de notre propre personnalité. Ou alors on travaille en parallèle style et technique. Ce n’est pas une vérité absolue, c’est juste mon impression.
Les bases, c’est important, c’est pour ça que ça s’appelle les bases d’ailleurs: si les fondations ne sont pas solides, la maison elle tient pas debout (pas longtemps)… Mais d’un autre côté, la touche personnelle, avoir sa propre identité, c’est ça qui met de la valeur ajoutée à la danse (à mon avis).

Après , peut-on dire que les 50 groupes qui se sont présentés au JD sont représentatifs du popping au Japon?? No sé, hombre.Je ne pense pas et je n espere pas…

Mon coup de coeur: Madoka, de former action. En terme de technique, je le trouve versatile et complet. En terme de style et de puissance, c’est une bête, un monstre!!!! Je sais pas, je me trompe peut-être, mais je trouve qu’en l’espace d’1 an et demi/2 ans, ses capacités sont montées en flèche…

EXPERIMENTAL:
J’aime cette catégorie, parce que c’est vraiment une ouverture dans ce qu’il se fait dans le hip hop actuellement. C’est une sorte d’hybride entre les styles bien définis(danse hip hop, danse comtemporaine, modern jazz) associé à l’imagination du danseur. Et en terme d’imagination, il y avait de belles choses, des choses recherchées et et des choses audacieuses!! (je pense en particulier à la jeune demoiselle légèrement vêtue, qui a balancé ses escarpins dans la salle et a foncé sur la table des juges… oh yeah!)

L’EVENT, DE MANIERE GENERALE:
Il y a trop à dire, déjà parce que c’est la première fois que je vais au JD JAPAN, c’est la première fois que je vais au Japon tout court…

J’ai été principalement surprise par les choses suivantes:
-l’hétérogénéité dans les danseurs: des très jeunes (4 ou 5 ans) et des plus agés (à la louche, 60 ans?); des binômes fille/garçon; des binômes très jeunes/moins jeunes…

-l’état d’esprit: quand je suis entrée dans la salle, j’ai été frappée par le fait que tout le monde dansait. Normal, quoi… Genre «pourquoi je resterais debout à attendre sans rien faire alors que je pourrais danser, vu qu’il y a de la musique?», ce genre d’esprit. Et durant les entre-actes, c’était la même chose, les gens venaient au milieu pour danser. Normal.

-l’état d’esprit, bis: donc, pendant les entre-actes, les gens dansaient sur la scène. Maintenant, imaginez un cercle avec 2 petites de 7 ans, une dame de 50 ans, un jeune homme de 20 ans avec des dread locks de ouf, un homme de 32 ans avec une dégaine de Jésus Christ, un mec handicapé. Et tout le monde danse, normal!! Y’a pas d’inhibition, pas de réflexion de 3 ans style «ouais, mais bon, j’ai pas le niveau, bla bla bla…», pas d’oeil dévisageur, pas de négativité de ce genre…

-la discipline: les groupes présents quand on les appelles, des gens propres…

-les petits, bien sûr!: des danseurs de moins de 10 ans, il y en avait une bonne proportion, aussi bien dans les compétiteurs que dans le public. Franchement, des crevettes quoi!! Bah la crevette, sur scène, elle fait mal…

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